18/11/2006

Franchimont: une nécropole sortie de sa réserve.

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Texte de Olivier Rayp

Le Courrier – Vendredi 9 août 1996

 

La réserve naturelle « Ardenne et Gaume » du Tombeau, au nord de Franchimont, s’étend sur près de 4ha. Son intérêt n’est pas uniquement botanique (la flore de cette pelouse sèche, humus sur dolomie, étant semble-t-il de grande valeur). En effet, sur cette colline juste à gauche de la Chinelle, en bordure d’un chemin probablement utilisé dès l’époque romaine, était implantée une nécropole mérovingienne, qui comprenait plus de 200 tombes à proximité d’un bâtiment funéraire. Mérovingien est le nom donné à la première dynastie des rois francs, fondée par Clovis Ier en 511. Le dernier roi mérovingien fut Childéric III, en 743, enfermé dans un monastère par Pépin le Bref, fondateur des Carolingiens.

 

053a tombes mérovingiennes

La nécropole du Tombeau fit l’objet de fouilles dès 1880 par la société archéologique de Namur ; de nouvelles fouilles ont aussi eu lieu de 1968 à 1975 , auxquelles se sont intéressées diverses instances locales et bruxelloises. Certaines tombes avaient toutefois été violées, avant même la première série de recherches.

 

Ce sont les Cercles des Naturalistes de Belgique asbl qui assurent désormais la gestion et l’entretien de la réserve naturelle du Tombeau, tandis que les tombes ont été recouvertes, comme c’est l’usage. Seules les fondations du bâtiment funéraire sont encore visibles. Cet édifice de forme carrée comprenait cinq sépultures : il s’agissait d’un enclos funéraire destiné aux gisants de la famille seigneuriale, datant probablement du VIe siècle.

 

Les 170 tombes contenaient généralement un individu. Taillées dans la roche, les fosses étaient parfois garnies d’un caisson en pierre sèche (le tuf) et recouvertes d’une grosse pierre. L’orientation générale de ces tombes, dans l’axe Nord-Sud (la tête au nord), désigne un rite particulier, montrant l’origine germanique des populations ensevelies.

 

Beaucoup d’objets furent retrouvés lors des deux séries de fouilles : bijoux, vaisselle, vases, poteries, etc. Certains, comme une petite croix en plomb par exemple, témoignent de l’introduction de symboles chrétiens dans la région. Saint Hadelin venait en effet d’arriver… On découvrit aussi de grandes épées, appelées scramasaxes. Enfin, boucles de ceintures, colliers, bagues, bracelets et autres parures, dont certains témoignent de cet art oriental particulier qu’est le damasquinage, tendent à démontrer qu’il s’agissait d’une nécropole pour gens aisés. Par contre, une seconde nécropole mérovingienne retrouvée au Tombois, à l’ouest de Franchimont (aujourd’hui invisible car recouverte par la route) et comportant 123 sépultures, était semble-t-il réservée aux gens moins fortunés. Là, une sépulture d’homme libre y fut mise à jour. Le défunt était entouré d’un armement complet et d’une balance spéciale : s’agissait-il d’un comptable, d’un gérant d’exploitation ? Pourquoi, aussi, ces deux nécropoles quasi contemporaines étaient-elles aussi voisines, mais clairement distinctes et séparées par la Chinelle ? S’agissait-il de deux clans différents, aux activités spécifiques, gardant jalousement leurs prérogatives jusque dans la mort ?  Autant de mystères qui restent à éclaircir…

10:20 Écrit par Lucky Skywalker dans Franchimont | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : document, necropole, merovingien |  Facebook |

17/11/2006

Franchimont: le Tombois.

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Le cimetière du Tombois se situait au coeur du village actuel, à l'emplacement de la place du Tombois. Les vestiges des tombes découvertes au XIXè siècle ne sont plus visibles aujourd'hui car elles ont été recouverte par la voirie actuelle.

L'une des tombes de ce cimetière appartenait à un homme libre et contenait son armement complet ainsi qu'une balance destinée à peser des espèces précieuses lors des transactions: le possesseur de cette balance devait occuper la fonction de comptable ou de gérant d'un domaine.

Ce cimetière est surtout connu pour sa tombe n°113 qui contenait un triple gobelet constituant un objet assez curieux.

RD_BALL Un objet curieux provenant du cimetière du Tombois à Franchimont.

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Le triple gobelet de la tombe 113 au Tombois.

La tombe n°113 du Tombois a livré un vase en poterie noire, de 10 cm de haut et 9 cm de diamètre à l'ouverture dont les deux tuyaux perforés, situés à la base, a longuement intrigué les chercheurs. La forme, la pâte et la teinte de ce gobelet sont tout à fait typiques des vases mérovingiens de la fin du VIè et surtout du VIIè siècle.

En se basant sur les modèles de vases communicants qui existaient à l'époque romaine, les archéologues ont pu déterminer que ce vase à boire faisait partie d'un ensemble de trois gobelets répartis à égale distance sur un même cercle formé par une sorte de roue creuse en terre cuite.

Cet ensemble constitue donc une curiosité de la céramique mérovingienne dont la fonction reste assez difficile à déterminer. Les hypothèses de vases à fleur et de luminaires ont été rejetées de même que celle d'objet rituel car de telles trouvailles n'ont jamais été faites dans les lieux de culte. On se contentera donc d'y voir un vase propre à célébrer la solidarité religieuse, professionnelle ou privée de ceux qui y buvaient: le sentiment symbolique d'union de cet ensemble est renforcé par la forme circulaire de son conduit qui répartit équitablement la boisson dont le niveau reste constant dans chacun des gobelets. Le chiffre trois est à rapprocher des pointes de flèches que l'on retrouve fréquemment par trois dans les tombes. Le chiffre trois a, à l'époque mérovingienne, une valeur mystique liée à la répétition d'intensité symbolisant la puissance surnaturelle.

La présence de l'un de ces gobelets brisé dans une tombe inviolée suggère un bris intentionnel de l'objet, symbolisant la rupture de la solidarité, conséquence de la mort de celui qui l'emporta dans sa tombe.

19:59 Écrit par Lucky Skywalker dans Franchimont | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : merovingien, archeologie, necropole |  Facebook |

Franchimont: la Colline du Tombeau.

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Le monument funéraire de la Colline du Tombeau.

La Colline du Tombeau se situe sur un terrain à faible pente vers le sud, situé à environ 1km au nord du village et séparé de celui-ci par la Chinelle. Le site, aujourd'hui réserve naturelle, se trouve à une altitude de 250m, le long d'un ancien chemin de Villers-le-Gambon à Lotenne dans lequel certains voient une ancienne chaussée romaine conduisant du plateau de Philippeville vers la vallée de la Meuse.

Les fouilles ont mis à jour un petit édifice rectangulaire maçonné ainsi que 171 tombes, taillées dans la roche et dont quelques unes sont garnies d'un caisson de pierre sèche.

La nécropole de la Colline du Tombeau fut édifié vers la fin du VIè siècle comme le prouve les parures féminines d'or de la tombe 26.

Parmi les objets principaux découverts dans les tombes, on peut citer:

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bouteille de couleur vert olive
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collier de 94 perles
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médaillon de bronze gravé d'une croix
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bossettes de fixation en bronze doré agrémentées de rayons, symboles solaires incontestables
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plaque-boucle de ceinture en fer damasquiné, agrémentée d'incrustations de filets d'argent et d'un motif de vannerie à brins obliques
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couteaux
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scramasaxes (coutelas ou sabres courts à dos droit, de longueur variable)
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vases biconiques en terre grise à couverture noire
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peigne rectangulaire à deux côtés
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pointes de flèches

Voir aussi dans "Documents": Une nécropole sortie de sa réserve.

19:54 Écrit par Lucky Skywalker dans Franchimont | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : necropole, merovingien, archeologie |  Facebook |

Franchimont: les nécropoles mérovingiennes

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RD_BALL 320 tombes découvertes au XIXè siècle.

En 1877 et 1878, la Société archéologique de Namur fouille les deux nécropoles mérovingiennes du "Tombois" et de la "Colline du Tombeau" et met à jour de nombreuses tombes mérovingiennes réparties dans les deux cimetières: un peu plus de deux cents tombes dans le cimetière du Tombois et environ cent vingt tombes dans celui de la Colline du Tombeau.

RD_BALL Un monument funéraire chrétien.

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Tombe du cimetière de la Colline du Tombeau avec ses parois et son couvercle en pierre.

Sur chacun des sites, ont également été mises à jour les fondations d'un petit monument rectangulaire interprété à l'époque comme une chapelle "élevée par les francs chrétiens sur les tombes de leurs frères païens". Il s'agissait en fait, plus vraisemblablement, de monuments funéraires destinés à recevoir les corps des chefs locaux. Ces chefs étaient d'ailleurs déjà christianisés puisque les fouilles des tombes ont mis à jour des pièces archéologiques des VIè et  VIIè siècles portant indiscutablement des symboles chrétiens (petite croix pattée en plomb et triple terminaison de la chaînette en forme de croix en bronze). 

RD_BALL Population et activités économiques.

L'orientation de la plupart des tombes dans l'axe nord-sud, tête au nord, coutume relativement fréquente en Namurois, témoigne de coutumes funéraires typiquement germaniques qui sont confirmées par la présence de foyers circulaires à offrandes rituelles et par la décoration rouges des parois de certaines tombes.

Ces populations axaient leurs activités sur la culture en friche tout en conservant des activités militaires qui sont prouvées par le nombre d'armes retrouvées dans les tombes. Ils développèrent également l'élevage et l'artisanat local.

La population locale, de base gallo-romaine, fut peu à peu assimilée à la population germanique qui était propriétaire et gestionnaire des terres. C'est ainsi qu'on les retrouve inhumés à côté de leur maître, à la fois sans doute par honneur autant qu'obligation.

La présence des vestiges d'un monument funéraire témoigne de la présence de familles dirigeantes et d'une aisance matérielle appréciable. Les tombes sans mobilier voisines du monument funéraire caractérisent probablement des inhumations d'ouvriers agricoles qui, ayant adoptés les rites religieux et funéraires de leurs maîtres, eurent le privilège d'être ensevelis à leurs côtés.

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Monument funéraire du cimetière de la Colline du Tombeau.

Le mobilier funéraire produit localement apporte la preuve que le domaine pourvoyait à ses besoins en équipements, ustensiles, objets utilitaires, nourriture et vêtements par une exploitation de tous les secteurs productifs. Une partie importante de la pyrite extraite sur place permettait des échanges avec le bassin de la Meuse et le nord de la Gaule et l'importation de damasquinures produites par des artisans itinérants, des plaques et boucles de bronze, appliques, accessoires, rouelles, chaînettes, verreries, fibules et céramiques.

La présence des deux nécropoles, séparées seulement par la vallée de la Chinelle, laisse supposer la présence de deux clans familiaux exploitant le même domaine et qui gardaient sans doute chacun jalousement leurs prérogatives.

RD_BALL Objets mis à jour.

Parmi les objets les plus intéressants recueillis lors des premières fouilles de 1877-1878, on peut remarquer:

 
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Croix pattée: une croix pattée, en plomb, à branches égales, de forme primitive, qui succéda au chrisme ou monogramme de Christ que Constantin avait fait tracer sur son étendard,
 
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Bagues: des bagues sigillaires qui portent sur leur chaton un monogramme surmonté d'une croix,
 
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PUNAISE_ROUGE

Croix en bronze: un très curieux objet en métal qui était fixé à la ceinture d'une femme à l'aide d'une lanière; les trois chaînettes qui en font partie sont terminées par des petites croix en bronze remplaçant des amulettes païennes,
 
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Broche circulaire: une broche circulaire en or sur laquelle un orfèvre a tenté de représenter une monnaie byzantine de la première moitié du VIIIè siècle; on y distingue parfaitement la croix surmontant le globe, image de la puissance impériale.

Photos: LD - Croquis: Pro Antiqua.

Voir aussi dans "Documents": Une nécropole sortie de sa réserve.

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16/11/2006

Franchimont: les marchets de Famieuse.

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Au lieu-dit "Famieuse" ont été découverts 14 marchets de 5 à 12 mètres de diamètre et d'environ 1 mètre de haut.

Les marchets sont des tombelles souvent funéraires, plus ou moins circulaires, constituées de cailloux de nature et de volume variables, de 50cm à 1m de haut et de diamètres allant de 3 à 18 mètres.

Souvent pauvres dans le Namurois, les marchets sont à inhumation ou incinération. Ils datent au plus tard de la première époque du fer, encore dénommée période de Halstatt, qui couvrait les IVè et Vè siècle avant J.C.

Dans les marchets de Franchimont, on a découvert des débris de poterie grossière, très fréquente dans ce genre de monument, ainsi que plusieurs fragments de silex accompagnant le mobilier.

16:42 Écrit par Lucky Skywalker dans Franchimont | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : archeologie, necropole, merovingien |  Facebook |