18/11/2006

Franchimont: légende de la Fontaine St-Hadelin

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Le miracle de la source de Franchimont représenté sur le côté gauche de la châsse de saint Hadelin 
(Collégiale de Visé)

D'après un récit hagiographique du Xème siècle intitulé Vita Sancti Hadelini, oeuvre d'Hériger de Lobbes, saint Hadelin, disciple de Remacle, aurait réalisé un miracle dans une localité dénommée Mons Francherii (Franchimont). Au VIIème siècle, lors d'une sécheresse catastrophique, le saint, fondateur du monastère de Celles-lez-Dinant, aurait fait jaillir de son bâton une source. Cette Fontaine Saint-Hadelin se trouve en contrebas de l'église Saint-Martin et est constituée d'une potale dédiée au saint et de deux grands abreuvoirs en pierre.

Ce miracle de saint Hadelin est représenté sur l'un des bas-reliefs de la châsse de saint Hadelin, datée du XIème siècle avec des ajouts au XIIème siècle, et qui se trouvait initialement dans la crypte de l'église Saint-Hadelin de Celles-lez-Dinant. Hadelin aurait en effet construit un oratorium dans la région de Celles et y mourut à la fin du VIIème siècle. 

Le bas-relief est entouré d'un inscription latine:

MENS ORAT MVNDA NEC FIT
MORA PROSILIT VNDA
S.HADELINVS -  MESSORES - FONS FACTVS.

c'est-à-dire:

UN ESPRIT PUR PRIE ET SANS RETARD UNE SOURCE JAILLIT
SAINT HADELIN  - LES MOISSONNEURS - LA SOURCE

 

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C'est Jos. Destrée qui, en 1905, a situé à Franchimont la scène du miracle de la source représentée sur la châsse de saint Hadelin (Châsse de saint Hadelin, N°1 dans Exposition de l'Art ancien du Pays de Liège, Liège, Aug. Bénard, 1905)

En 1972, Jacques Stiennon décrivait ainsi cette scène (Rhin-Meuse, Réflexions sur le thème de l'eau, pp. 23 à 25 dans Clés pour les arts, octobre 1972, n°26):

FONT_ST_HADELIN02Des moissonneurs travaillent dans un champ. Le soleil est accablant, les ouvriers meurent de soif. Aussi délèguent-ils à saint Hadelin un des leurs afin de rapporter de quoi boire. Le saint homme s'étonne: il leur avait envoyé de la boisson par les soins d'un messager. Il faut bien constater que celui-ci par négligence, n'a pas rempli sa mission. Hadelin se hâte alors vers les moissonneurs et, là, plante solidement dans le sol le bâton qui lui servait de canne. Il élève une prière fervente vers le Seigneur et soudain, de la terre jaillit une source à laquelle les travailleurs s'abreuvent à satiété.

FONT_ST_HADELIN05De tout l'art mosan et rhénan, il est peu de scènes où l'artiste ait manifesté plus de sens de la nature et plus d'humanité. Sur le fond se détachent à mi-corps trois moissonneurs qui, par la diversité de leurs gestes, expriment leurs réactions individuelles devant le prodige. Devant eux, s'accumulent les bottes de blé aux épis gonflés, traduisent la générosité de la terre nourricière. Mais toute l'attention est accaparée par le personnage de l'avant-plan. Le réalisme dans le traitement de ses vêtements souplement ajustés au corps, de ses cheveux en couronne, de sa barbe en collier, de ses manches retroussées, le naturel de son attitude, l'arabesque dynamique qu'il dessine dans l'espace, en opposition au statisme des autres éléments de la composition - tous ces facteurs insufflent à l'ensemble un accent de vie et de vérité extraordinaire. Dans ce paysage semé d'herbes et de fleurs, l'insolite et le miracle ne sont pas seulement représentés par le geste inspiré de saint Hadelin, ils sont visibles dans le bouillonnement de l'eau qui vient d'elle-même remplir, généreusement, l'écuelle du moissonneur.

FONT_ST_HADELIN03Le village de Franchimont possède également un reliquaire en argent, daté de 1659 d'après une inscription, et conservé en l'église Saint-Martin.

Toujours active aujourd’hui, la Fontaine Saint-Hadelin est agrémentée d’un grand bac en pierre. Chaque année, le moment fort d’une fête villageoise dédiée à saint Hadelin, à la fin du mois de  juillet, est la bénédiction à la fontaine. Au début du siècle et jusqu’à la seconde guerre mondiale semble-t-il, les habitants du village, mais aussi bien des visiteurs extérieurs, y pratiquaient d’ailleurs fortes ablutions : en effet, des vertus bienfaisantes étaient attribuées aux eaux de la fontaine.

La légende de Franchimont est à rapprocher de celle de Soulme où on prête un exploit tout à fait similaire à saint Gobiet qui aurait fait jaillir un petit ruisseau, affluent de l'Omeri. Ce type de légende est bien évidemment caractéristique des débuts du christianisme où la présence d'une source jouait un rôle important dans la conversion et le baptême des premiers chrétiens.

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Franchimont: vie de saint Hadelin.

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Statue de St.Hadelin
du XVe siècle.

Saint Hadelin (ou Adelin) est né en Aquitaine au VIIe siècle. Il se retira très vite de la vie publique pour se consacrer à son idéal religieux. A cette époque, l'Aquitaine envoyait vers le Nord quantité de religieux dont la mission était d'évangéliser nos provinces. Hadelin se rend à l'abbaye de Solignac en Limousin et y rencontre saint Remacle qui a été nommé premier abbé de ce couvent en 632. Saint Remacle élève Hadelin à la prêtrise.

Après avoir rempli pendant quelques temps la charge de référendaire à la cour du roi Sigibert III, saint Remacle se rend alors à Cugnon en compagnie de Hadelin et y fonde vers 644 un monastère au bord de la Semois.

Saint Remacle est élevé à l'épiscopat entre 644 et 648 et fonde le monastère de Stavelot. Vers l'an 1000, Hériger, abbé de Lobbes, certifiera qu'Hadelin était alors présent aux côtés de saint Remacle, ce qui semble prouvé puisque les moines de Stavelot possédaient à Olne dès le IXe siècle une propriété qui portait le nom de Mont Saint-Hadelin.

Hadelin s'installe dans la vallée de la Lesse, près de Dinant où Saint Remacle l'aida sans doute à construire, près de Dinant, cet ermitage composé de cellules qui donnèrent leur nom au village proche de la vallée de la Lesse: Celles (aujourd'hui commune de Houyet). C'est là que se dresse encore aujourd'hui une superbe église romane du XIe siècle dédiée à saint Hadelin.

Le saint s'était à peine installé à Celles que, comme il arriva souvent à cette époque, les seigneurs voisins, pressentant les bienfaits d'une implantation monastique dans la région, se mirent à rivaliser de générosité envers celle-ci. Parmi ces bienheureux donateurs se trouvait par exemple Pépin de Herstal qui aurait gratifié la nouvelle fondation de quelques domaines. C'est ainsi qu'Hadelin reçut la villa de Franchimont ainsi que celle de Veltz et un manse à Rustina, ces deux dernières localités étant inconnues aujourd'hui.

La générosité des donateurs permit le développement rapide du monastère: au premier oratoire vint s'ajouter un second qui fut malheureusement détruit après le passage des Normands. On n'en conserve plus de trace.

Le saint ermite regroupa des novices à Celles et mourut entouré de ses disciples, sans doute le 3 février 690

Le monastère de Celles, transformé ensuite en chapitre, fut transféré à Visé au XIVème siècle. La châsse dans laquelle se trouvent les reliques du saint se trouvent donc actuellement à Visé où elles ont été transportées en 1338, ce qui valu à l'église de Visé d'être promue au rang et aux privilèges des collégiales. La ville elle-même adopta saint Hadelin pour patron. Cinq autres paroisses de Wallonie gardent son nom. Il est fêté le 4 février.

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Franchimont: vie de saint Martin.

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Statue de saint Martin dans l'église de Tamines.

Saint Martin, patron de la paroisse et de l'église de Franchimont, naquit en Pannonie aux confins des années 316 et 317, dans cette ancienne contrée d'Europe centrale, située entre le Danube et l'Illyrie, comprise entre les Alpes orientales et les Carpates, et qui avait été soumise aux Romains de 35 avant J.-C. à 95 après J.-C.

Le célèbre apôtre des Gaules était le fils d'un officier de la cavalerie romaine, mais personne ne peut dire avec exactitude aujourd'hui de quelle race il était exactement. Lorsque son père termina sa carrière militaire, il reçut quelques lopins de terre dans la région de Pavie, en Italie et c'est là que Martin fut élevé.

A l'âge de dix ans, Martin se présenta de sa propre initiative pour recevoir l'enseignement de l'Eglise chrétienne qui se trouvait alors dans les premières années qui suivaient les persécutions. Mais les parents de Martin étaient restés païens et, alors que le jeune homme ne rêvait que de vie monastique, son père l'inscrivit de force sur le rôle des cavaliers de l'armée.

C'est au cours du passage de sa cohorte romaine dans les environs d'Amiens où il fut sans doute baptisé en 339 que se situe la plus populaire anecdote de la vie de saint Martin. A l'âge de dix-huit ans, alors qu'il faisait route à cheval, il rencontra un mendiant, pauvrement vêtu dans le froid hivernal, et, dégainant son épée, tailla en deux sa cape pour en donner la moitié au pauvre.

Ce geste de couper une cape en deux parties pour n'en donner que la moitié peut évidemment paraître curieux pour un chrétien, mais il faut savoir que tout militaire romain devait payer la moitié de son uniforme. L'autre moitié restant propriété de la cavalerie, il est bien évident que saint Martin ne pouvait s'en défaire, au risque d'être accusé de détourner les deniers publics. Il est bien évident que ce geste, répondant aux principes qu'il avait appris dans l'évangile, était aussi en quelque sorte une manière de tourner en dérision les principes militaires auxquels il était astreint contre son gré.

A quarante ans, après s'être affranchi avec difficulté de ses obligations militaires, saint Martin se rendit à Poitiers où il rencontra probablement pour la première fois saint Hilaire, évêque du lieu. Saint Hilaire lui proposa de l'incorporer dans son clergé en l'ordonnant sous-diacre, mais Martin, par humilité, n'accepta que le plus bas des ordres mineurs, celui d'exorciste.

Après avoir reçu en songe l'ordre du ciel d'aller convertir sa patrie d'origine où ses parents étaient retournés, saint Martin retourna en Pannonie où il convertit sa mère, son père prétendant rester païen.

De retour à Poitiers, il fonda le premier monastère des Gaules à Ligugé, lieu situé à quelques kilomètres au sud de Poitiers, sur le Clain. Il se consacra dès lors à la vie monastique sur les terres que lui avait sans doute cédé l'évêque Hilaire. Ordonné prêtre, il fut alors pratiquement kidnappé par les chrétiens de Tours qui voulaient en faire leur évêque, sans tenir compte des difficultés canoniques que posaient le choix d'un militaire converti. C'est ainsi qu'il fut sacré évêque le 4 juillet 371.

Essayant de fuir les apparats de sa nouvelle charge, il fonda le monastère de Marmoutiers, à quelques kilomètres de Tours, où il se retira dans une cabane exiguë, entouré de ses quatre-vingt frères.

Malgré son attrait pour la vie monastique, saint Martin fut un grand voyageur: il parcourut les campagnes, lutta contre les superstitions et établit de nouvelles paroisses rurales. Il se rendit ainsi plusieurs fois à Trèves pour y rencontrer l'empereur et y séjourna quelques temps. En 385 ou 386, il passa par le Luxembourg et, étant donné les nombre important d'églises qui lui sont dédiées en Wallonie (on en a dénombré 235) et le rayonnement qu'il a chez nous, on peut supposer qu'il est peut-être passé dans nos régions.

Lorsqu'il mourut en 397, la dépouille de saint Martin fut ramenées à Tours où on éleva une modeste basilique remplacée bientôt par une église romane puis une église gothique. La crypte où reposaient ses reliques reçut la visite de Clovis, Charlemagne, Philippe-Auguste, saint Louis, Henri IV, Louis XIV, etc... L'abbé Guibert de Gembloux s'y rendit en 1180, 1181, 1186 et 1187 et y inscrivit, sur une paroi, ces deux vers:

Martine par apostolis
vita, fide, miraculis

Saint Martin est fêté le 11 novembre et c'est tout un folklore qui s'est développé autour des feux de la saint Martin, surtout en Rhénanie et à Bonn par exemple, où les enfants passaient de maison en maison pour récolter quelque argent en récompense d'une chansonnette.

17:20 Écrit par Lucky Skywalker dans Franchimont | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : tradition, saint |  Facebook |

Franchimont: Roger Foulon raconte la légende de la Fontaine St-Hadelin.

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Dans son livre intitulé Légendes et contes d'Entre-Sambre-et-Meuse (Editions Paul Legrain - 1989), Roger Foulon consacre un chapitre aux Eaux. Il y relate à sa manière le miracle de la Fontaine Saint-Hadelin, parfois nommé aussi Haulin en patois.

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    On conte qu'un jour, saint Hadelin, traversant la région, eut le coeur navré de voir une vieille ayant dû aller puiser son eau dans le ruisseau coulant au pied de la colline. La femme n'en pouvait plus de porter sa cruche. Elle s'arrêtait souvent pour souffler. Hadelin, fatigué par une longue marche, la rejoignit.
    - Où vas-tu?, lui demanda-t-il.
    - Là-haut, dit la vieille. C'est là que je demeure? Et, par ces temps de canicule, plus d'eau chez nous. Nous sommes tous obligés de descendre dans le val pour trouver de quoi boire. Et c'est bien dur!
    - Donne, dit Hadelin.
    Il saisit la cruche posée par la vieille sur un muret et se mit à gravir le raidillon.
    Vrai! C'était dur. Le soleil tombait d'aplomb et rôtissait tout. L'herbe était rousse et sèche comme roseaux croquants. Les bêtes dormaient à l'ombre des haies et les tuiles du village flambaient.
    La vieille suivait avec peine. Hadelin l'entendait haleter. Cela le retournait. Une telle misère! Il se mit à prier Dieu.
    - Accorde-moi le pouvoir, murmurait-il.
    Ils atteignirent le village. Un ensemble de maisons qui avaient dû connaître parfois le bonheur.
    Hadelin s'arrêta près d'un clos. La vieille peinait, courbée. Malgré sa fatigue, Hadelin sentait en lui une grande force. Il déposa sa cruche. On était presque au plus haut de la colline. Le pays d'alentour se déployait sous le soleil, avec ses bois, ses champs, ses villages.
    - Voici, dit Hadelin. L'eau est venue jusqu'ici dans ta cruche. Désormais, elle viendra, sans cesse, par la grâce de Dieu.
    Et, de fait, juste comme il achevait ses mots, la terre se fendit près de la cruche. De l'eau claire se mit à couler et à se répandre, partout. Cela sortait du sol en un beau bras clair. On entendait le glou-glou du flot qui, déjà, attirait les oiseaux.
    La vieille n'en croyait pas ses yeux.
    - Ce n'est pas possible! Ce n'est pas possible!, répétait-elle.
    - Rien n'est impossible à Dieu.
    Alors, Hadelin s'éloigna. Il traversa le village et se perdit dans la forêt.
    La vieille était toujours là, regardant couler l'eau. Elle y trempa les mains, aspergea la terre, autour d'elle, en riant.
    Les animaux arrivaient en grand nombre pour étancher leur soif. Des gens venaient aussi, leur coeur plein de merci.
    Depuis lors, la fontaine Haulin ne s'est jamais tarie.

13:07 Écrit par Lucky Skywalker dans Franchimont | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : document, fontaine, legende, saint |  Facebook |

Franchimont: chronologie

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Préhistoire.

  Pendant la première époque du fer ou période de Halstatt (IV et Vème siècle avant J.C)., la région de Franchimont est déjà occupée par des populations qui construisent des monuments funéraires au lieu-dit "Famieuse".
    
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Epoque romaine.

   
    
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VIIe siècle.

  Franchimont (Mons Francherii) aurait été donnée par l'évêque de Liège à saint Hadelin et à l'abbaye de Celles. La découverte, au XIXème siècle, de nécropoles mérovingiennes et de pièces archéologiques du VIIème siècle portant des symboles chrétiens indiscutables (petite croix de plomb, croix terminant les chaînettes d'une châtelaine), la présence à Franchimont d'une Fontaine Saint-Hadelin, la titulature de l'église à saint Martin et l'histoire paroissiale du village évoquent effectivement la christianisation de Franchimont par saint Hadelin.
    
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VIIIe siècle.

   
    
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IXe siècle.

   
   
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Xe siècle.

   
   
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XIe siècle.

  Franchimont est mentionné dans la Vita Hadelini, Vie de saint Hadelin, oeuvre d'Hériger de Lobbes.
    
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XIIe siècle.

   
    
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XIIIe siècle.

 1289Franchimont et Vilers dépendent de Florennes, fief de Liège. Bien que Franchimont soit considérée comme dépendante de Florennes et donc terre liégeoise, le comte de Namur y exerce des droits seigneuriaux sur "ses" hommes. L'échevinage local applique la coutume de liégeoise.
  1299Le curé de Sart-en-Fagne, Robert de Franchimont, fonde un autel dans l'église. Deux ans plus tard, il est imité par son frère Jean de la Bruyère.
   La dîme appartient aux chanoines du monastère de Celles qui sera transféré à Visé au XIVème siècle.
    
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XIVe siècle.

  Des conflits de juridiction éclatent entre le doyen et le seigneur de Florennes, son avoué, au sujet de l'exercice des droits seigneuriaux sur la loacalité de Franchimont. A la fin du XIVème siècle, ces conflits se résolvent en faveur du doyen.
    
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XVe siècle.

 1420Record sur le point de savoir si les gens de Franchimont et d'autres villages de la région doivent ou non monter la garde au château de Florennes. Ce problème est toujours la conséquence des conflits de la fin du siècle précédent.
   Une contestation éclate entre les villageois et les chanoines de Celles-Visé au sujet des droits d'usage dans les taillis.
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XVIe siècle.

   
   
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XVIIe siècle.

  La fin du XVIème siècle et l'ensemble du siècle suivant est marqué par les guerres qui ravagèrent Franchimont comme l'ensemble de tous les villages de l'Entre-Sambre-et-Meuse.
  1690Sur ordre du gouverneur de Philippeville et injonction de l'intendant de Hainaut, les villages de Franchimont, Sart-en-Fagne, Villers-en-Fagne, Roly, Matagne, Vodecée, Surice, Villers-le-Gambon doivent fournir les hommes nécessaires à la démolition des fortifications de Sautour. La part contributive des communautés fut fixée à 4 patacons pour Sautour, Surice et Franchimont, à 3 pour Villers-le-Gambon, à 2 pour Villers-en-Fagne et Sart-en-Fagne, à 6 pour les deux Matagne ensemble et à 1 pour Vodecée.
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XVIIIe siècle.

  L'extraction du marbre rouge, veiné de blanc et de bleu, devient, avec l'agriculture, l'une des principales activités économiques de Franchimont. Ce marbre décorera notamment Le palais de Charles de Lorraine à Bruxelles.
   Lors de la Révolution française, les principales archives seigneuriales relatives à Franchimont sont emportées en Allemagne où elles disparaissent. Cet événement explique que l'histoire de la localité ait laissé peu de trace.
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XIXe siècle.

 1877
1878
La Société archéologique de Namur fouille les deux nécropoles mérovingiennes du Tombois et de la Colline du Tombeau et met à jour dans chacune de celles-ci un petit monument funéraire en forme de chapelle destiné à recevoir les corps des chefs locaux.
  1875Construction de l'église Saint-Martin en style néo-roman.
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XXe siècle.

 1914Le 25 août 1914 au soir et le 26 août au matin, les troupes allemandes mettent le feu au village qui paye un lourd tribu au conflit puisque 52 maisons sur les 83 qu'il comptait furent détruites. Quatre civils ont été tués.
  1971Restauration de l'intérieur de l'église Saint-Martin par Louis-Marie Londot.
 

1966
à
1974

Fouilles de la nécropole mérovingienne de la Colline du Tombeau par la société TRES et le cercle Pro Antiqua de Bruxelles.

11:09 Écrit par Lucky Skywalker dans Franchimont | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chronologie, histoire |  Facebook |

Franchimont: une nécropole sortie de sa réserve.

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Texte de Olivier Rayp

Le Courrier – Vendredi 9 août 1996

 

La réserve naturelle « Ardenne et Gaume » du Tombeau, au nord de Franchimont, s’étend sur près de 4ha. Son intérêt n’est pas uniquement botanique (la flore de cette pelouse sèche, humus sur dolomie, étant semble-t-il de grande valeur). En effet, sur cette colline juste à gauche de la Chinelle, en bordure d’un chemin probablement utilisé dès l’époque romaine, était implantée une nécropole mérovingienne, qui comprenait plus de 200 tombes à proximité d’un bâtiment funéraire. Mérovingien est le nom donné à la première dynastie des rois francs, fondée par Clovis Ier en 511. Le dernier roi mérovingien fut Childéric III, en 743, enfermé dans un monastère par Pépin le Bref, fondateur des Carolingiens.

 

053a tombes mérovingiennes

La nécropole du Tombeau fit l’objet de fouilles dès 1880 par la société archéologique de Namur ; de nouvelles fouilles ont aussi eu lieu de 1968 à 1975 , auxquelles se sont intéressées diverses instances locales et bruxelloises. Certaines tombes avaient toutefois été violées, avant même la première série de recherches.

 

Ce sont les Cercles des Naturalistes de Belgique asbl qui assurent désormais la gestion et l’entretien de la réserve naturelle du Tombeau, tandis que les tombes ont été recouvertes, comme c’est l’usage. Seules les fondations du bâtiment funéraire sont encore visibles. Cet édifice de forme carrée comprenait cinq sépultures : il s’agissait d’un enclos funéraire destiné aux gisants de la famille seigneuriale, datant probablement du VIe siècle.

 

Les 170 tombes contenaient généralement un individu. Taillées dans la roche, les fosses étaient parfois garnies d’un caisson en pierre sèche (le tuf) et recouvertes d’une grosse pierre. L’orientation générale de ces tombes, dans l’axe Nord-Sud (la tête au nord), désigne un rite particulier, montrant l’origine germanique des populations ensevelies.

 

Beaucoup d’objets furent retrouvés lors des deux séries de fouilles : bijoux, vaisselle, vases, poteries, etc. Certains, comme une petite croix en plomb par exemple, témoignent de l’introduction de symboles chrétiens dans la région. Saint Hadelin venait en effet d’arriver… On découvrit aussi de grandes épées, appelées scramasaxes. Enfin, boucles de ceintures, colliers, bagues, bracelets et autres parures, dont certains témoignent de cet art oriental particulier qu’est le damasquinage, tendent à démontrer qu’il s’agissait d’une nécropole pour gens aisés. Par contre, une seconde nécropole mérovingienne retrouvée au Tombois, à l’ouest de Franchimont (aujourd’hui invisible car recouverte par la route) et comportant 123 sépultures, était semble-t-il réservée aux gens moins fortunés. Là, une sépulture d’homme libre y fut mise à jour. Le défunt était entouré d’un armement complet et d’une balance spéciale : s’agissait-il d’un comptable, d’un gérant d’exploitation ? Pourquoi, aussi, ces deux nécropoles quasi contemporaines étaient-elles aussi voisines, mais clairement distinctes et séparées par la Chinelle ? S’agissait-il de deux clans différents, aux activités spécifiques, gardant jalousement leurs prérogatives jusque dans la mort ?  Autant de mystères qui restent à éclaircir…

10:20 Écrit par Lucky Skywalker dans Franchimont | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : document, necropole, merovingien |  Facebook |

17/11/2006

Franchimont: le Tombois.

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Le cimetière du Tombois se situait au coeur du village actuel, à l'emplacement de la place du Tombois. Les vestiges des tombes découvertes au XIXè siècle ne sont plus visibles aujourd'hui car elles ont été recouverte par la voirie actuelle.

L'une des tombes de ce cimetière appartenait à un homme libre et contenait son armement complet ainsi qu'une balance destinée à peser des espèces précieuses lors des transactions: le possesseur de cette balance devait occuper la fonction de comptable ou de gérant d'un domaine.

Ce cimetière est surtout connu pour sa tombe n°113 qui contenait un triple gobelet constituant un objet assez curieux.

RD_BALL Un objet curieux provenant du cimetière du Tombois à Franchimont.

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Le triple gobelet de la tombe 113 au Tombois.

La tombe n°113 du Tombois a livré un vase en poterie noire, de 10 cm de haut et 9 cm de diamètre à l'ouverture dont les deux tuyaux perforés, situés à la base, a longuement intrigué les chercheurs. La forme, la pâte et la teinte de ce gobelet sont tout à fait typiques des vases mérovingiens de la fin du VIè et surtout du VIIè siècle.

En se basant sur les modèles de vases communicants qui existaient à l'époque romaine, les archéologues ont pu déterminer que ce vase à boire faisait partie d'un ensemble de trois gobelets répartis à égale distance sur un même cercle formé par une sorte de roue creuse en terre cuite.

Cet ensemble constitue donc une curiosité de la céramique mérovingienne dont la fonction reste assez difficile à déterminer. Les hypothèses de vases à fleur et de luminaires ont été rejetées de même que celle d'objet rituel car de telles trouvailles n'ont jamais été faites dans les lieux de culte. On se contentera donc d'y voir un vase propre à célébrer la solidarité religieuse, professionnelle ou privée de ceux qui y buvaient: le sentiment symbolique d'union de cet ensemble est renforcé par la forme circulaire de son conduit qui répartit équitablement la boisson dont le niveau reste constant dans chacun des gobelets. Le chiffre trois est à rapprocher des pointes de flèches que l'on retrouve fréquemment par trois dans les tombes. Le chiffre trois a, à l'époque mérovingienne, une valeur mystique liée à la répétition d'intensité symbolisant la puissance surnaturelle.

La présence de l'un de ces gobelets brisé dans une tombe inviolée suggère un bris intentionnel de l'objet, symbolisant la rupture de la solidarité, conséquence de la mort de celui qui l'emporta dans sa tombe.

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