28/02/2007

Gimnée: Joseph Chot évoque Robert de Gimnée.

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En 1934, Joseph Chot, écrivain d'Olloy, publie "Sous la coupe des sans-culottes de Givet", étude consacrée aux événements qui se passèrent à Givet sous la Révolution française et aux effets que ceux-ci eurent dans les villages du sud de l'Entre-Sambre-et-Meuse, alors terre de la Principauté de Liège. Quelques paragraphes y évoque le rôle politique joué par Robert de Gimnée (1763-1826) député des Ardennes participa notamment au procès de Delecolle, maire de Givet, réputé pour ses exactions.

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Sous la coupe des sans-culottes de Givet (1792-1794).
En marge de l'histoire de Belgique.
Etude sur l'histoire révolutionnaire de Givet et sur les effets de la terreur dans le sud de la Principauté de Liège.

Bruxelles, Librairie Vanderlinden, 17, rue des Grandes Carmes - 1934.

yl_ball L'avocat Robert, de Gimnée, commandant de la garde.

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oupet cessa d'être commandant de la garde le jour où il devint maire. L'avocat Robert, de Gimnée, plus tard représentant des Ardennes à la Convention, lui succéda pendant quelques mois. "Pendant ces mois, écrira-t-il en 1791, j'eus à lutter sans relâche contre l'aristocratie des officiers du régiment de Chartres et du régiment du Dauphin".

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 Robert de Gimnée, député à la Convention.

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ous le coup de tant d'angoisses qui assaillent les esprits, l'état d'âme de la cité devint tout autre. Les bruits qui couraient au sujet de la responsabilité, de la trahison du roi et de la reine, avaient rencontré, ici comme ailleurs, un crédit dont les effets devaient aboutir à la perte des malheureux souverains. Givet éperdu écoute à présent la voix des meneurs jacobins, celle des représentants des Ardennes à la Convention, récemment élus - dont le député Robert, de Gimnée - celle, enfin, de tous les démagogues qui prétendent indiquer aux Français déroutés le seul moyen de salut.

 

yl_ball Robert de Gimnée, chargé de l'enquête sur les actes abusifs de Delecolle.

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près ce départ [de Delecolle et Berh emprisonnés à Mézières], un représentant de Paris, le député des Ardennes Robert, sont nous avons déjà parlé, fut délégué à Givet par la Convention pour enquêter sur place au sujet des violences et des actes d'improbité que l'on attribuait à Delecolle. Ce représentant Robert, de Gimnée, eut soin de réunir en son dossier tous les actes abusifs dont le Comité secret se rendit coupable. "Ce Comité, dira-t-il dans son rapport, fut tout d'horreurs révoltantes en fait de perquisitions et d'inquisitions, faisant embastiller ses victimes sur de simples soupçons, vandalisant tout le pays, pillant les propriétés."

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Gimnée: 1794 - Le Père Louis Pacot, guillotiné sous la Révolution.

 

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Dans son livre intitulé "Sous la coupe des sans-culotte de Givet (1792-1794)" , publié à Bruxelles en 1934, Joseph Chot, écrivain de Olloy, nous relate la fin tragique du Père Louis Pacot, vicaire de Gimnée, qui fut décapité à Paris le 18 mai 1794.

 

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é à Couvin le 22 mars 1760, Jean François Ignace Joseph Pacot, victime inconstestable du Comité de Surveillance de Givet qui le livra aux terroristes de Paris, entra, à l'âge de dix-huit ans, au couvent des dominicains de Revin où, le jour de sa prise d'habit, il reçut le nom de Frère Louis. Après un noviciat fait à Paris à l'abbaye de Saint-Germain, il revint en son premier couvent et, en 1783, pour son plus grand malheur, il se fit naturaliser français. - La révolution se déchaîne. Deux années passent... En 1791, le Frère Louis est toujours à Revin, mais il ne porte plus la robe blanche et le manteau noir de son ordre. Et pour cause! Un décret de la Convention de février de cette même année venait de supprimer en France tous les ordres monastiques et interdisait aux anciens moines le port des habits religieux. Le 23 juillet suivant, le dominicain d'hier fut bien obligé de se présenter, en compagnie de l'ex-Frère Gérard, devant le "Conseil de défense du pays", ceci afin de verser à ce comité les arriérés d'une somme de 116 livres 12 sols, montant de la contribution personnelle, soi-disant volontaire et patriotique, offerte par chaque religieux pour la défense de la république en danger. Alors que les autres moines s'étaient pour la plupart dispersés dans le département, le frère Louis passa la frontière et s'en fut se réfugier à Couvin sa ville natale. D'ici, il se mit en rapport avec son prieur provincial, le Père Bribosia qui vivait retiré en Flandre. Il lui demandait de pouvoir fonctionner comme vicaire à Gimnée petit village de Fagne, hier encore en comté d'Agimont, maintenant sur les confins du Pays de Liège et à deux milles à peine de Charlemont. Ayant reçu cette autorisation, le dominicain s'en fut donc s'installer en cette petite localité perchée sur la crête du versant sud de la Fagne. Mais, à quelques temps de là, il reçut de son supérieur une missive plutôt contrariante. Le Père Bribosia qui, vraisemblablement, ne se faisait, du fond de sa retraite, aucune idée exacte du danger que pouvait courir à la frontière un religieux français émigré, officiant presque sous les yeux d'un comité terroriste, écrivit au nouveau vicaire qu'il s'étonnait d'apprendre que le Frère Louis n'avait pas eu la fermeté de revêtir les habits de son ordre. Enfin conscient, dans la suite, de l'imprudence de son reproche, le prieur provincial écrivit à nouveau à son subordonné, devenu le Père Pacot, pour lui dire cette fois qu'il "lui laissait la liberté d'adapter son habit aux circonstances..." Trop tard! Par respect pour l'ordre de son supérieur, le vicaire de Gimnée avait repris la robe blanche des dominicains!


            Quelques jours après, le Comité de Givet était prévenu pas ses sycophantes. Ceux-ci durent lui confier sans nul doute qu'un religieux français, émigré en Pays de Liège où il s'était mis sous l'autorité d'un prince-évêque tyrannique et ennemi implacable de la révolution, avait poussé l'extrême audace jusqu'à défier les patriotes de Givet en reprenant, par morgue et esprit de bravade, les habits ecclésiastiques que la loi républicaine lui interdisait de porter. Il n'en fallut pas plus pour que, le lendemain, des soldats et les sbires du comité parussent dans Gimnée terrorisé. Pour arrêter le Père Pacot, fouiller le presbytère et faire main basse sur tous les papiers qu'on y découvrit on prit comme prétexte certain sermon peut-être courageux mais imprudent prononcé un dimanche en l'église de Gimnée, et dans lequel le prédicateur avait probablement attaqué les institutions républicaines. Tout Gimnée protesta contre pareille arrestation. Bourgmestre et échevins n'épargnèrent aucune démarche pour arracher le malheureux vicaire au sort qui l'attendait. Tant qu'il resta incarcéré à Charlemont, on pensa que rien de pire ne pourrait lui arriver. Mais on apprit un jour que le Comité Secret venait d'envoyer le Père Pacot à Paris sous prétexte de conspiration ainsi que l'établissaient "les maximes fanatiques reconnues dans les papiers trouvés chez lui". (18 brumaire an II).


            Le malheureux était perdu. Emprisonné à la Conciergerie, le dominicain ne comparut devant le tribunal Révolutionnaire que le 7 mai 1794. Il fut condamné à mort le 18 mai, dans la matinée, et fut guillotiné l'après-midi de cette même journée.

19:00 Écrit par Lucky Skywalker dans Gimnée | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : document |  Facebook |

A FAIRE !

Après postage de tous les posts de Gimnées, faire une page de menu pour Gimnée à placer dans la colonne de droite.

 

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18:11 Écrit par Lucky Skywalker dans - Généralités | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/02/2007

Gimnée: Pierre Robert de Gimnée (1763-1826), député à la Convention.

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Pierre Robert de Gimnée peint par Jean-Louis Laneuville - Huile sur toile de 63x53cm. acquise en 1835 par le Musée de Versailles.

 

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Les débuts du républicanisme.

Pierre François Joseph ROBERT, dit de Gimnée, est né à Gimnée le 21 janvier 1763. Son frère, André Joseph, devint grand mayeur de Dinant.

Pierre ROBERT, petit avocat à Namur, embrassa rapidement les principes de la Révolution lorsque celle-ci apparut. Il gravita longtemps autour de Demouriez et, lorsque celui-ci devint ministre, Robert de Gimnée convoita en vain l'ambassade de Constantinople. Le célèbre Danton lui fut plus secourable que Demouriez et lui valut une place dans la Représentation à Paris.

Robert de Gimnée fut reçu au Parlement en 1785 et épousa Louise de Kéralio, parfois surnommée "la Sans-Culotte du Mercure de France", directrice d'un journal à tendance démocratique - le Mercure national - qui devint le moniteur du jeune parti républicain.

En 1790, il devient pendant quelques mois Commandant de la Garde Nationale à Givet en remplacement de Pierre-Dominique Toupet des Vignes, premier colonel-commandant de cette milice, devenu maire. En 1791, Robert de Gimnée écrira:

"Pendant ces mois, j'eus à lutter sans relâche contre l'aristocratie des officiers du régiment de Chartres et du régiment du Dauphin".

En mai 1791, ROBERT, d'opinions avancées et président d'un club républicain, regroupa en fédération une trentaine de ces sociétés populaires. Au mois de novembre de la même année, il publia "Le républicanisme appliqué à la France", brochure qui fit sensation. Après la fuite de Varennes, il inspira la création du Club des Cordeliers qui proposa l'instauration de la République à l'Assemblée Nationale.

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Député de Paris à la Convention et commissaire de la République au pays de Liège.

Menant une vie tumultueuse, ROBERT DE GIMNEE est alors poussé par l'ambition démesurée de son épouse et, grâce à l'appui de Danton, est élu député de Paris à la Convention, en tant que représentant des Ardennes. Après avoir voté la mort de Louis XVI, il fut envoyé dans sa région natale en tant que commissaire de la République dans la pays de Liège et proconsul. Faisant du zèle patriotique excessif et mêlé à une affaire de fraude d'alcool, il fut accusé d'avoir des relations avec le duc d'Orléans et faillit être guillotiné.

Après la réunion à la France en 1795, il devint représentant du peuple à Liège et, à la fin de la Terreur, gagna la sympathie de la population en étant délégué à Givet par la Convention pour enquêter sur les violences et les actes d'improbité de Delecolle, maire de Givet, réputé pour ses sinistres exploits dans la région. Il eut soin de réunir en son dossier tous les actes abusifs dont le Comité secret se rendit coupable. Dans son rapport, il écrira:

"Ce Comité fut tout d'horreurs révoltantes en fait de perquisitions et d'inquisitions, faisant embastiller ses victimes sur de simples soupçons, vandalisant tout le pays, pillant les propriétés."

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Fin d'une carrière politique.

En 1795, ROBERT DE GIMNEE ne fut pas réélu. Son étoile commençait à pâlir et ses activités à la tête d'une maison de denrées coloniales lui valurent bientôt le surnom de "Robert-Rhum".

Sa carrière politique étant finie, il devint bonapartiste et fut même désigné préfet provisoire à Rocroi: une lettre de l'époque annonça son investiture en ces termes: "le brigand Robert est revenu à Rocroi".

A la chute de Napoléon à Waterloo, il fut contraint de s'exiler en tant que régicide. Il s'installa donc à Bruxelles et devint chef épicier et marchand de liqueurs dans un établissement dénommé "Au Bon Coin" où il mourut le 13 avril 1826. Son épouse est décédée le 31 décembre 1828.

Le portrait de ROBERT DE GIMNEE, peint par Laneuville, figure dans les collections du musée de Versailles.

19:45 Écrit par Lucky Skywalker dans Gimnée | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire |  Facebook |

Gimnée: la bataille de Gimnée en 1555.

gimnéegimnée histoire

 

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Le fort de Charlemont, d'après L.Guicciardini,
La description de tout les Pays-Bas.

Le village de Gimnée souffrit particulièrement des guerres de la seconde moitié du XVIème siècle en raison de la proximité du fort de Charlemont et du camp de Givet.

Le 25 juin 1555, Charles Quint, alors dans la trente-sixième année de son empire, désigne Martin Van Rossem commandant d'une importante armée qui vient se "parquer aux deux Givet" avec des pièces d'artilleries qui ont été amenées de Malines le 15 mai. Cette armée est destinée à protéger la construction du fort de Charlemont dont Charles de Berlaymont, seigneur de Hierges, a été nommé superintendant des travaux qui débutent vraisemblablement au mois de juin 1555.

Dès son intallation dans le retranchement de Givet, l'armée de Van Rossem connaît des difficultés: les hommes sont de nationalités diverses et le retard dans le paiement de la solde provoque des rixes entre les militaires. De plus, la peste commence à décimer le camp. Van Rossem en meurt le 7 juin 1555 tandis que deux de ses adjoints, Terlon et Meghem, en sont également atteints.Le décès de van Rossem laissa une lourde succession à Charles de Berlaymont.

Les travaux de construction du fort de Charlemont étaient notamment protégés par l'armée des impériaux qui occupait le plateau de Foische avec un camp avancé au lieu-dit Herbleu à Gimnée.

Pendant l'intérim de Charles de Berlaymont, une armée de 16.000 soldats français de Henry II, réunie dans la région de Couvin, remonte vers Mariembourg et, le 15 juillet 1555, attaque les Impériaux retranchés à Gimnée à l'endroit dit Croix Bataille et dans les environs immédiats. Cette tentative de diversion opérée par les Français avait pour but d'interrompre la construction du fort de Charlemont, établi sur le territoire liégeois du comté d'Agimont.

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charles de berlaymont

Marten Van Rossem (1478-1555)
Gravure de Casper Bouttals.
Charles de Berlaymont, par Jacques Jonghelonck (1564)
Cabinet des Médailles, B.R. Bruxelles

Dans l'excellent récit qu'il a rapporté de cette bataille, F.de Rabutin, qui participa à l'"escarmouche", raconte que les Impériaux, utilisant habillement le terrain, se replièrent sur Givet le 16 juillet afin d'attirer les Français sous le feu de l'artillerie qui avait été amenée la veille dans le fort en construction. 16 canons, dont 10 de gros calibre, et 200 arquebuses les y attendaient.

L'escarmouche se déroula principalement à proximité du coteau qui relie la montagne de Charlemont au petit mont sur lequel sera construit plus tard le fort Condé, les troupes impériales s'étant retranchées derrière ce coteau et au sommet de la butte, sous la protection de l'artillerie du fort.

L'issue de la bataille fut incertaine. Les combats n'eurent pas de véritable conclusion et les Français se retirèrent sur Nismes dans la nuit du 16 au 17 juillet 1555.

18:30 Écrit par Lucky Skywalker dans Gimnée | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire, bataille |  Facebook |

26/02/2007

Gimnée: Seigneurie du Blocus (1763 - 1826)

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Le nom de la rue du Blocus évoque l'ancienne seigneurie du Blocus qui était indépendante de celle de Gimnée.

Celle-ci constituait une des quatre pairies de Hierges et exista du début du XIIIème siècle jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.

D'abord aux mains de chevaliers originaires de Foisches, qui se titraient seigneurs de Gimnée, Doische et Niverlée et constituaient une branche de la famille de Niverlée, cette seigneurie passa ensuite aux Gimnée, qui étaient sans doute des descendants ayant changé de patronyme et fut tenue successivement par les familles de Niverlée, de Gimnée, de Jauche, de Villers (dit de Masbourg), Goblet, Piérart, de Rouselle, de Garcy, de Pierquau et Wilmet.

 

Les seigneurs du Blocus.

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1249Watier de Gymgneez.
punaise_rouge1297Baldwyn de Gymgnée.
punaise_rouge1380Isabeau de Gymengneez.
punaise_rouge1400Bertha de Gymgnée.
punaise_rouge1500Jehan de Jache.
punaise_rouge1539Rigaud de Villers dit de Masbourg, époux de Marie de Jauche.
punaise_rouge1592Nicolas Goblet.
punaise_rouge1626Jean Piérard, époux de Jeanne de Goblet, seigneur de Dion le Val et du Blocus.
punaise_rouge1640Jeanne de Goblet, veuve de Jean Piérard.
punaise_rouge1658Charles Alexandre de Rouselle, lieutenant prévôt du duché de Bouillon.
punaise_rouge1670Joseph de Garcy, époux de Marguerite Piérard.
punaise_rouge1687Antoine de Garcys, fils de Joseph de Garcy et de Marguerite Piérard, cornette dans un régiment espagnol.
punaise_rouge1700Mademoiselle X... de Garcy, soeur de Antoine de Garcy.
punaise_rouge1701Philippe Alexis de Pierquau, lieutenant au régiment allemand de Greber.
punaise_rouge1743Wilmet, conseiller du roi de France.

19:45 Écrit par Lucky Skywalker dans Gimnée | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : seigneurie, histoire |  Facebook |

 Gimnée: chronologie historique.

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Préhistoire.

 8000 av. J.C.Le Trou du Diable sert de sépulture aux hommes préhistoriques.
    
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Epoque romaine.

  Un certain Geminius se fixe dans la région et construit une villa à l'emplacement de l'actuelle ferme du Blocus. Cette villa est desservie par une chaussée (diverticulum) qui relie Dourbes à Doische.
Une petite agglomération se constitue très tôt à l'angle des actuelles rue des Chavées, rue de la Fontaine et rue du Blocus, endroit sous lequel s'engouffre une partie du cour du Faux Ri d'Entre Deux Bois.
    
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VIIe siècle.

   
    
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VIIIe siècle.

  A l'époque carolingienne, Gimnée fait partie de la Lotharingie comme la plupart des villages de la région. Gimnée appartient à une communauté religieuse chrétienne fondée probablement par saint Hubert (705-727) qui avait un pied-à-terre à Givet. Cette paroisse regroupe 7 villages: Doische, Foische, Vaucelles, Hierges, Niverlée et Mazée.
Construction d'un premier oratoire en bois avec soubassement en pierre dédié à saint Servais, fondateur du diosèce et qui possède également une église dans les villages voisins de Dourbes, Olloy, les deux Matagne, Fagnolle, et enfin Ossogne et Matignolle, situés sur Vierves.
    
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IXe siècle.

  Gimnée appartient à l'empereur des Francs.
 816D'après un document dénommé Précepte, faussement daté de 816, Louis le Débonnaire, fils de Charlemagne, concède à Ebbon, archevêque de Reims, un terrain propre à l'extraction du plomb en vue de couvrir la cathédrale en reconstruction:
"quendam locum fisci nostri valde necessarium et ad fodiendam minam plumbi congruum in pago Laumense in ipsis quoque finibus vel adjacescitiis Geminiacam nuncupantem villam"

Du plomb en provenance de Gimnée a donc probablement servi à la réfection de la cathédrale de Reims.

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Xe siècle.

  Il est impossible de dire si l'exploitation du plomb se poursuivit au bas moyen âge. Un terrain de la localité s'appelle encore aujourd'hui "Les minières" où on peut voir les vestiges des affleurements des anciennes galeries d'extraction.
  Jusqu'à la fin du moyen âge, Gimnée fait partie des huit villages de la seigneurie de Hierges, devenue plus tard baronnie de Hierges, terre namuroise.
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XIe siècle.

  A la fin du XIème siècle Gimnée dépend de Hierges, fief du duché de Bouillon. Hierges est probablement entré par héritage ou donation dans le domaine de Godefroid le Barbu, duc de Bouillon et neveu du comte de Namur.
  1096Pour réunir les fonds nécessaire à son départ en croisade, Godefroid de Bouillon vend son duché à Otbert, Prince-Evêque de Liège. Gimnée fera donc dès lors partie de la principauté de Liège.
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XIIe siècle.

   
    
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XIIIe siècle.

  Gilles II, seigneur de Hierges, donne à l'abbaye de Brogne (aujourd'hui Saint-Gérard) la dîme de la cure de Gimnée et du vicariat de Doische.
   Gimnée possédait une seigneurie foncière distincte de la communauté villageoise et connue sous le nom de seigneurie du Blocus. Celle-ci constituait une des quatre pairies de Hierges et exista du début du XIIIème siècle jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. D'abord aux mains de chevaliers originaires de Foisches, qui se titraient seigneurs de Gimnée, Doische et Niverlée et constituaient une branche de la famille de Niverlée, cette seigneurie passa ensuite aux Gimnée, qui étaient sans doute des descendants ayant changé de patronyme.
  1249Watier de Gymgneez cède son avouerie de Romerée à Georges de Niverlée qui la cède par donation la même année à l'abbaye de Brogne (Saint-Gérard).
   Jusqu'au milieu du XIIIème siècle, la paroisse s'étend aux villages de Doische et de Vaucelles, la collation et la dîme appartenant aux Hierges. Suite à la donation de George de Niverlée, la paroisse entre alors dans le patrimoine de l'abbaye de Brogne (Saint-Gérard). L'abbé de Brogne désigne le curé de la paroisse alternativement avec le seigneur du Blocus. La dîme est partagée entre l'abbaye, le curé et le seigneur.
  1297Baldwyn de Gymgnée reçoit du seigneur de Hierges le patronat de l'église de Gimnée.
    
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XIVe siècle.

 1380Isabeau de Gymengneez devient la dame du Blocus.
  1385Gille de Jauche, sire de Hierges, accorde aux bourgeois de Gimynées et d'autres villages de la baronnie (Doische, Foische, Vaucelles, Niverlée, Olloy, Ham et Aubrives) le droit de chasser le lapin avec des chiens courants dans leurs bois communaux. Il leur accorde également des droits d'usage dans les bois ainsi que celui de bourgeoisie. Gimnée était donc affranchi avant 1385. Les échevins locaux suivaient la coutume de Liège.
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XVe siècle.

 1400Bertha de Gymgnée dirige la seigneurie du Blocus.
  1444Premier relief indiquant que Gimnée et 8 autres villages (dont Doische, Niverlée, Olloy et Vaucelles) dépendent de la terre de Hierges, fief de Bouillon.
  1470La crenée (assiette des impôts) de 1470 pour Doische et Gimnée s'élève à 29 livres 14 sols pour 66 feux.
    
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XVIe siècle.

 1500Jehan de Jache (de Jauche) est le seigneur du Blocus.
  1539Rigaud de Villers dit de Masbourg, époux de Marie de Jauche, prend la succession de Jéhan de Jauche.
  1555Le village souffre particulièrement des guerres de la seconde moitié du XVIème siècle en raison de la proximité du fort de Charlemont et du camp de Givet. Les 15 et 16 juillet 1555, la bataille de Gimnée oppose les troupes de Charles-Quint et celles de Henry II, roi de France. Cette tentative de diversion opérée par les Français avait pour but d'interrompre la construction du fort de Charlemont, établi sur le territoire liégeois du comté d'Agimont. Les travaux étaient protégés par l'armée de Van Rossem qui occupait le plateau de Foische avec un camp avancé au lieu-dit Herbleu à Gimnée. Mort de la peste le 7 juin 1555, Van Rossem laissa une lourde succession à de Berlaymont, seigneur de Hierges. Une armée de 16.000 soldats français, réunie dans la région de Couvin, attaqua les Impériaux retranchés à Gimnée à l'endroit dit Croix Bataille et dans les environs immédiats. Les combats n'eurent pas de véritable conclusion et les Français se retirèrent sur Nismes dans la nuit du 16 au 17 juillet 1555.
  1560La paroisse est incorporée à la mense épiscopale de Namur mais reste néanmoins dans le patrimoine de l'abbaye de Brogne. L'évêque de Namur a donc dès lors le droit de désigner le curé alternativement avec le seigneur du Blocus.
  1592La seigneurie du Blocus est propriété de Nicolas Goblet.
 1597Fortification du cimetière par la construction de tours de défense à chacun de ces angles. Travaux effectués simultanément à la construction du "fort" de Doische.
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XVIIe siècle.

 1622Vaucelles se détache de la paroisse regroupant dès lors Gimnée et Doische.
  1626La seigneurie du Blocus est propriété de Jean Piérard, époux de Jeanne de Goblet, seigneur de Dion le Val et du Blocus.
  1640Jeanne de Goblet, veuve de Jean Piérard, prend la succession de celui-ci
  1658Charles Alexandre de Rouselle, lieutenant prévot du duché de Bouillon, succède à Jeanne de Goblet.
  1664Les habitants de Romerée se mettent d'accord avec ceux de Gimnée, Niverlée et Matagne sur leurs droits respectifs.
  1666Construction de la chapelle de l'Ermitage, dédiée à Notre-Dame de la Croix.
  1670La seigneurie du Blocus est tenue par Joseph de Garcy, époux de Marguerite Piérard.
  1687La succession est assuré par leur fils, Antoine de Garcys, cornette dans un régiment espagnol.
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XVIIIe siècle.

 1700Mademoiselle X... de Garcy, soeur de Antoine de Garcy, prend la tête de la seigneurie.
  1701La seigneurie est reprise par Philippe Alexis de Pierquau, lieutenant au régiment allemand de Greber.
  1730La commune de Gimnée compte 380 habitants contre 180 à Doische.
  1743Philippe Alexis de Pierquau vend son fief à Wilmet, conseiller du roi de France, qui sera le dernier seigneur du Blocus.
  1763Naissance à Gimnée de Pierre François Joseph Robert, dit Robert de Gimnée (décédé en 1826), commandant de la garde nationale à Givet, membre de la Convention Nationale, assemblée qui, au cours de la Révolution française, gouverna la France de 1792 à 1795. Robert de Gimnée deviendra plus tard représentant des Ardennes à la Convention.
  1770Reconstruction de l'église paroissiale, dédiée à saint Servais.
   Un incendie ravage la localité de Matagne-la-Petite et la communauté de Gimnée, secourable, décide d'accorder un arbre à chacun des sinistrés.
   Les "maires" de Mazée, Treignes, Gimnée, Doische, Matagne-la-Petite et Romerée prêtent serment devant Delecolle, maire de Givet, surnommé "le tyran de Givet". Ils livrent à la Commission des Grains et des Réquisitions, présidée par le même Delecolle, grain, farine, gros bétail et moutons rassemblés à l'ancien couvent des Récollets et reçoivent en paiements les premiers assignats.
  1793Vers la mi-novembre 1793, le Père Louis Pacot, vicaire de Gimnée, est arrêté par les révolutionnaires de Givet sous prétexte de conspiration et cela malgré les énergiques protestations des villageois et bien que la localité échappe au contrôle de la République. Incarcéré à Charlemont puis transféré à la Conciergerie à Paris, il comparait devant le Tribunal Révolutionnaire le 7 mai 1794. Condamné à mort le 18 mai, il fut guillotiné le même jour.
    
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XIXe siècle.

 1802Gimnée et Doische deviennent des paroisses indépendantes lors du Concordat.
  1820Lors du Traité des Limites du 28 mars 1820, la France rétrocède au royaume des Pays-Bas, nouvellement créé, les communes de Doisches, Gimnée, Matagne-la-Petite, Mazée, Niverlée, Romerée, Treignes et Vaucelles.
   L'exploitation du plomb est reprise dans la commune à la fin du siècle. A la même époque, ouverture de carrières de pierre et de sable.
    
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XXe siècle.

 1904Fouilles archéologiques au Trou du Diable.
  19142 étrangers à la commune sont retrouvés à l'état de cadavre, tués par l'ennemi et 13 immeubles sont brûlés au passage des troupes allemandes. La localité est pillée par la soldatesque qui emprisonne les hommes dans l'église.
  1959L'église et le cimetière de Gimnée sont classés par arrêté du 2 décembre 1959.
   

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