27/02/2007

Gimnée: Pierre Robert de Gimnée (1763-1826), député à la Convention.

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Pierre Robert de Gimnée peint par Jean-Louis Laneuville - Huile sur toile de 63x53cm. acquise en 1835 par le Musée de Versailles.

 

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Les débuts du républicanisme.

Pierre François Joseph ROBERT, dit de Gimnée, est né à Gimnée le 21 janvier 1763. Son frère, André Joseph, devint grand mayeur de Dinant.

Pierre ROBERT, petit avocat à Namur, embrassa rapidement les principes de la Révolution lorsque celle-ci apparut. Il gravita longtemps autour de Demouriez et, lorsque celui-ci devint ministre, Robert de Gimnée convoita en vain l'ambassade de Constantinople. Le célèbre Danton lui fut plus secourable que Demouriez et lui valut une place dans la Représentation à Paris.

Robert de Gimnée fut reçu au Parlement en 1785 et épousa Louise de Kéralio, parfois surnommée "la Sans-Culotte du Mercure de France", directrice d'un journal à tendance démocratique - le Mercure national - qui devint le moniteur du jeune parti républicain.

En 1790, il devient pendant quelques mois Commandant de la Garde Nationale à Givet en remplacement de Pierre-Dominique Toupet des Vignes, premier colonel-commandant de cette milice, devenu maire. En 1791, Robert de Gimnée écrira:

"Pendant ces mois, j'eus à lutter sans relâche contre l'aristocratie des officiers du régiment de Chartres et du régiment du Dauphin".

En mai 1791, ROBERT, d'opinions avancées et président d'un club républicain, regroupa en fédération une trentaine de ces sociétés populaires. Au mois de novembre de la même année, il publia "Le républicanisme appliqué à la France", brochure qui fit sensation. Après la fuite de Varennes, il inspira la création du Club des Cordeliers qui proposa l'instauration de la République à l'Assemblée Nationale.

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Député de Paris à la Convention et commissaire de la République au pays de Liège.

Menant une vie tumultueuse, ROBERT DE GIMNEE est alors poussé par l'ambition démesurée de son épouse et, grâce à l'appui de Danton, est élu député de Paris à la Convention, en tant que représentant des Ardennes. Après avoir voté la mort de Louis XVI, il fut envoyé dans sa région natale en tant que commissaire de la République dans la pays de Liège et proconsul. Faisant du zèle patriotique excessif et mêlé à une affaire de fraude d'alcool, il fut accusé d'avoir des relations avec le duc d'Orléans et faillit être guillotiné.

Après la réunion à la France en 1795, il devint représentant du peuple à Liège et, à la fin de la Terreur, gagna la sympathie de la population en étant délégué à Givet par la Convention pour enquêter sur les violences et les actes d'improbité de Delecolle, maire de Givet, réputé pour ses sinistres exploits dans la région. Il eut soin de réunir en son dossier tous les actes abusifs dont le Comité secret se rendit coupable. Dans son rapport, il écrira:

"Ce Comité fut tout d'horreurs révoltantes en fait de perquisitions et d'inquisitions, faisant embastiller ses victimes sur de simples soupçons, vandalisant tout le pays, pillant les propriétés."

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Fin d'une carrière politique.

En 1795, ROBERT DE GIMNEE ne fut pas réélu. Son étoile commençait à pâlir et ses activités à la tête d'une maison de denrées coloniales lui valurent bientôt le surnom de "Robert-Rhum".

Sa carrière politique étant finie, il devint bonapartiste et fut même désigné préfet provisoire à Rocroi: une lettre de l'époque annonça son investiture en ces termes: "le brigand Robert est revenu à Rocroi".

A la chute de Napoléon à Waterloo, il fut contraint de s'exiler en tant que régicide. Il s'installa donc à Bruxelles et devint chef épicier et marchand de liqueurs dans un établissement dénommé "Au Bon Coin" où il mourut le 13 avril 1826. Son épouse est décédée le 31 décembre 1828.

Le portrait de ROBERT DE GIMNEE, peint par Laneuville, figure dans les collections du musée de Versailles.

19:45 Écrit par Lucky Skywalker dans Gimnée | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : histoire |  Facebook |

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